L’audacieux M. Swift, John Boyne

Il ne s’agit pas d’une romance, mais d’un roman qui tourne autour d’un très bel homme, Maurice Swift, qui plait aussi bien aux hommes qu’aux femmes, et qui est résolu à en tirer profit pour devenir écrivain.

En effet, Maureice Swift a besoin de matière pour écrire des romans, car il ne réussit pas à trouver des idées à lui tout seul. Il commence par “voler” les souvenirs d’un écrivain célèbre pour rédiger son premier roman, révélant une trahison commise par ce dernier. La carrière de l’écrivain célèbre est ruinée, mais celle du héros peut commencer. Ensuite, Maurice Swift tente de séduire Gore Vidal, vainement, puis vole une idée à son épouse, dont la fin est tragique, tout comme celle de son fils.

Mais le voleur d’idée finit par être pris à son propre piège….

Je n’ai pas trouvé l’idée derrière ce récit très intéressante, mais en revanche j’ai beaucoup aimé le style et la description des émotions : celle du vieil écrivain bouleversé par la beauté de Maurice Swift, celle de Gore Vidal tout aussi ému, mais désireux d’y résister, celle de l’épouse, plus fine pourtant dans son observation des réactions de son mari, mais néanmoins inconsciente de ce qu’il est réellement. Le petit garçon est extrêmement touchant, tout comme l’émotion de Maurice Swift face à celui qui va lui voler ses idées, et qui ressemble à son fils…. Contrairement aux MM, dans lesquels la réassertion de la beauté des personnages est constante et parfois un peu lourde, ici, le style de l’auteur procède de telle sorte que les personnages, face à l’émotion ou au trouble, apparaissent comme finement lézardés : lors de scène ordinaires, la beauté, ou la perversité de Maurice leur apparaît, puis ils l’oublient, puis ils y reviennent.

— Puis-je vous serrer la main ? »

Il tendit le bras. La peau de sa paume semblait douce et je remarquai ses ongles parfaitement limés. Un jeune homme minutieux, pensai-je. Il portait un simple anneau d’argent au majeur de la main droite.

L’auteur procède ainsi, par flash répartis dans la conversation : l’auteur ne cesse d’observe son jeune et bel interlocuteur.

De même quand Maurice parle avec Theo et le confond avec Daniel, son fils décédé.

— Avec nous tous », lança Daniel qui était revenu à la table et une fois de plus, était assis à la place de Theo. Il me regarda avant d’essayer de prendre une grande inspiration, sans réussir, l’air de ses poumons congestionnés sortant de sa bouche comme le sifflement d’une créature infernale.

« Est-ce que ça va ? » demanda Theo. D’un clignement des yeux, je revins dans la réalité.