Il ne s’agit pas d’une romance, mais d’un roman qui tourne autour d’un très bel homme, Maurice Swift, qui plait aussi bien aux hommes qu’aux femmes, et qui est résolu à en tirer profit pour devenir écrivain.
En effet, Maureice Swift a besoin de matière pour écrire des romans, car il ne réussit pas à trouver des idées à lui tout seul. Il commence par “voler” les souvenirs d’un écrivain célèbre pour rédiger son premier roman, révélant une trahison commise par ce dernier. La carrière de l’écrivain célèbre est ruinée, mais celle du héros peut commencer. Ensuite, Maurice Swift tente de séduire Gore Vidal, vainement, puis vole une idée à son épouse, dont la fin est tragique, tout comme celle de son fils.
Mais le voleur d’idée finit par être pris à son propre piège….
Je n’ai pas trouvé l’idée derrière ce récit très intéressante, mais en revanche j’ai beaucoup aimé le style et la description des émotions : celle du vieil écrivain bouleversé par la beauté de Maurice Swift, celle de Gore Vidal tout aussi ému, mais désireux d’y résister, celle de l’épouse, plus fine pourtant dans son observation des réactions de son mari, mais néanmoins inconsciente de ce qu’il est réellement. Le petit garçon est extrêmement touchant, tout comme l’émotion de Maurice Swift face à celui qui va lui voler ses idées, et qui ressemble à son fils…. Contrairement aux MM, dans lesquels la réassertion de la beauté des personnages est constante et parfois un peu lourde, ici, le style de l’auteur procède de telle sorte que les personnages, face à l’émotion ou au trouble, apparaissent comme finement lézardés : lors de scène ordinaires, la beauté, ou la perversité de Maurice leur apparaît, puis ils l’oublient, puis ils y reviennent.
— Puis-je vous serrer la main ? »
Il tendit le bras. La peau de sa paume semblait douce et je remarquai ses ongles parfaitement limés. Un jeune homme minutieux, pensai-je. Il portait un simple anneau d’argent au majeur de la main droite.
L’auteur procède ainsi, par flash répartis dans la conversation : l’auteur ne cesse d’observe son jeune et bel interlocuteur.
De même quand Maurice parle avec Theo et le confond avec Daniel, son fils décédé.
— Avec nous tous », lança Daniel qui était revenu à la table et une fois de plus, était assis à la place de Theo. Il me regarda avant d’essayer de prendre une grande inspiration, sans réussir, l’air de ses poumons congestionnés sortant de sa bouche comme le sifflement d’une créature infernale.
« Est-ce que ça va ? » demanda Theo. D’un clignement des yeux, je revins dans la réalité.
J’adore Heidi Cullinan. Je l’adore, je l’adore ! Vraiment. Même si j’ai parfois un peu à redire sur ses romans. Mais celui-là, je l’ai vraiment adoré, encore plus, d’une certaine façon.
Bon, en gros : on retrouve Emmet et Jeremey, l’autiste volontaire et le dépressif sympa. Cette fois, le roman est moins axé sur la romance, encore que tout le roman est traversé, en sous main, par les projets de mariage de Emmet, et par son désir de résoudre à tout pris, ou du moins d’aider son amant à surmonter sa dépression. Et il a une idée géniale, qui m’a permis de découvrir le concept : il offre à Jeremey un chien d’assistance (ça existe) qui lui remonte le moral et l’aide à gérer ses crises d’angoisses.
Mais ce que j’ai beaucoup aimé, c’est l’autre thème du roman, la lutte pour empecher qu’une certaine loi merdique pour les hopitaux et établissements de soins soit votée. Emmet, on s’en doute, lutte. Après avoir commencé à chercher des solutions, il en trouve : il va présenter un projet à la mairie (grande scène, vraiment très bien faite) et il s’attache à faire connaitre le combat des gens du Roosevelt sur les réseaux sociaux, avec un grand, grand succès. Mais ce que j’ai adoré, je ne peux le dire sans spoiler alors je vais être vague, c’est que face aux échecs, Emmet ne se décourage pas; ou plutôt, il se décourage…. puis il reprend courage. Je trouve ça très réaliste, très humain, et super.
Oh mon dieu, au secours. Si je m’attendais à ça …. L’un des romans les plus bouleversants que j’aie lu. Bon, allez, j’essaie de chroniquer un peu sérieux.
The Lord won’t mind, Gordon Merrick
I know where to touch you to make you laugh. I know where to touch you so you moan with just sheer goddamn happiness. I know how to make you growl. And I want more. Always more. It drives me crazy. It’s been like that ever since I first looked at you in the car. I couldn’t believe my eyes. I measured you like a silly high-school kid, and you let me have you. You let me have you, all of you. All beauty. And ever since, you’ve turned me upside down. I don’t know what I am any more. I’ve fought it, I’ve tried to make sense. But it’s all just you. Always you. All summer long and here still. Watching you. Looking at you naked. Seeing the incredible things that go on in your eyes when you look at me. Oh, Christ. I love you, goddamn you
Alors, bon, c’est en anglais, évidemment, donc ça limite pour un lecteur uniquement francophone. Mais si vous voulez vous lancer dans la lecture en anglais et que vous avez les histoires d’amour fou, eh bien lancez vous.
Charlie est un charmant jeune homme, dont le narrateur prend bien soin de nous expliquer qu’il est très très beau, mais vraiment très très (c’est le seul défaut du roman : toute cette beauté est un peu fatigante). Il est aussi riche, ce qui est drolement chouette. Et il a une grand mère très attentionnée. Il a 20 ans, il a fini la High School et l’année prochaine il va à la fac. Tout ça dans les années 38-39 aux Etats-Unis.
Sa grand-mère est tellement attentionnée qu’elle lui a préparée une surprise, pas vraiment le genre de surprise qu’une grand mère prépare à son petit fils, mais c’est que ça n’est pas une grand mère ordinaire : comme Charlie passe l’été chez elle, et qu’elle ne veut pas qu’il s’ennuie, elle a invité un jeune homme pour lui tenir compagnie. La grand mère lui assure qu’il est aussi beau que lui (là, c’est Le Retour Du Beau Jeune Homme, il y en a donc deux dans un seul bouquin, c’est terrible…. ), qu’il a absolument charmant et qu’ils vont s’adorer. Charlie a des doutes. Mais nous, non. Parce que le narrateur, on le sent venir à des kilomètres. Mais bon, on fait comme Charlie : on se dit que ça sera, en fait, un ado boutonneux et ennuyeux, timide et frustré, pas de bol pour Charlie, qui n’est assurément, ni boutonneux, ni timide ni frustré, et en plus, très très bien pourvu par la nature. Quel stress ! Quel ennui ! (si le jeune homme s’avère abruti et boutonneux, mais on se dit que si c’était le cas, Gordon Merrick n’aurait pas écrit son roman, non ?) Surtout que la grand mère lui a bien dit que ce très très beau jeune homme doit aller à West Point (une académie militaire américaine) l’année prochaine et que vraiment, un aussi beau jeune homme, ça serait vraiment du gachis. Moi, j’étais bien d’accord avec la grand mère, avant même l’arrivée de Peter dans la narration (même si les militaires sont sympas, à cette époque l’homosexualité vous envoie direct en cours martiale, et même si je faisais semblant de partager les doutes de Charlie, je trouvais que c’était quand même trop triste).
Et le jeune homme arrive, il s’appelle Peter. Surprise. Il n’est pas boutonneux. Eh non. Il est blond et pas trop mal, se dit Charlie en le voyant. Et puis, plus Charlie l’observe, plus il se dit que non, il est plus que pas mal. Plus que pas mal ? Non, c’est carrément un Apollon. En plus, ils se ressemblent. (Fou, non ? Ils sont aussi beau l’un que l’autre) Bon, Charlie n’y tient plus, il faut qu’il sache, est-ce que (par un hasard bien venu) ce jeune homme serait du genre pas farouche ? Quel type de relation Charlie pourra-t-il avoir avec ce charmant beau jeune homme ? (Quel type de relation, hein ? à votre avis ???) Et là, on a une scène absolument géniale durant laquelle Charlie, dans sa chambre, entreprend de déshabiller le jeune homme d’un air de rien. Il va prendre une douche, et, tout juste entortillé dans une serviette, il amène Peter à se déshabiller sous prétexte, je crois bien, de comparer leurs corps. Ah ah ah. J’adore cette scène, entièrement en focalisation interne sur Charlie, qui s’interroge à chaque vêtement enlevé : bon, il a enlevé sa chemise, c’est bon, comme je lui fais enlever son pantalon ? Et s’il sort en hurlant de ma chambre ? ….) Bref, après plusieurs pages, Peter se retrouve à poil, mais attention : il est aussi beau de Charlie, dans un genre plus délicat et charmeur, mais il est juste un peu moins bien pourvu par la nature que lui (ouf pour Charlie). Et il s’avère qu’il ne voit absolument aucun inconvénient à se faire embrasser par Charlie, et même plus, car il y a affinité.
Bon. Tout ça est très bien écrit, plaisant, agréable à lire, mais le truc, c’est qu’à ce moment, Peter tombe raide amoureux de Charlie. Mais alors, grave. Paf, grand amour. Peter sait que ça y est, il a rencontré l’homme de sa vie, no matter what. Charlie aussi est amoureux, et même très amoureux, mais il a ses doutes et hésitations. Mais Peter : aucune hésitation. Ce genre de situation, moi, je ne peux pas résister. C’est trop romantique pour moi. Je suis totalement tombée dans le roman, mais alors, totalement.
Mais alors, me direz-vous, si ils s’aiment dès le début, il se passe quoi ? Hein ?
Eh bien, justement. Il se passe plein de choses, et le suspense est insoutenable. Parce que Charlie a des doutes, e t parce qu’il se refuse à s’exposer publiquement, alors que Peter, lui s’en fiche complètement (je rappelle, ce sont les Etats-Unis en 1939). Le roman est donc le récit de la façon dont Charlie ne gère pas très bien ses sentiments, se fourvoie, se rend malheureux, se torture, merde complètement, au point de totalement exploser leur histoire d’amour.
La psychologie des personnages, bien que romanesque en diable, est très bien gérée, et les personnages secondaires ainsi que les différentes péripéties, tiennent parfaitement la route. Il ne s’agit pas de ces romans batis à 6-4-2, avec des personnages aux sentiments invraisemblables qui se retrouvent dans des situations peu plausibles auxquelles on fait semblant de croire (si on est bon public comme moi). Charlie fait une déclaration d’amour fou à Peter au moment où il le vire de chez lui, c’est vraiment l’une des plus belles déclarations d’amour fou que j’aie lu.
Pour moi, c’est irrésistible, absolument irrésistible. Bon, c’est tellement romanesque et tiré par les cheveux, mais j’ai trouvé ça aussi dévastateur que le garçon de la piscine, en moins stressant. J’ai fini le tome 2 (parce que c’est une trilogie) et j’attaque bientôt le 3. Je vais me faire tous les Gordon Merrick.
Ici, un article de Damon Suede (en anglais) sur Gordon Merrick, qui apparemment trouvait le moyen d’écrire des best sellers avec des histoires d’amour entre hommes à une époque où ça n’était pas encore trop la mode.
Dans l’hypothèse où ce post de blog serait lu par quelqu’un et si ce quelqu’un lit The Lord won’t mind, votre avis m’intéresse. En effet, je me demande vraiment si je suis absurdement romanesque ou pas. Il m’a été impossible de lacher ce roman. J’en suis à lire des polars sérieux et stressants pour m’empêcher de plonger trop vite dans le tome 3. C’est grave, docteur ?
Quel roman bouleversant !…. Le garçon de la piscine est l’un des meilleurs romans que j’ai lu depuis longtemps.
Il ne s’agit pas de ces adorables romances avec happy end assuré qui vont leur bout de chemin jusqu’à une fin espérée et attendue. Ces romances-là sont aussi délicieuses qu’un chocolat chaud consommé au coin du feu, avec un chat (ou un chien, si vous aimez mieux), un soir d’hiver quand il a fait gris et qu’on a envie de choses douces et tendres – et tout aussi réconfortantes, et on les lit, me semble-t-il, justement pour ça (et ce n’est pas une critique : je les lis parce que ça me fait du bien).
Mais Le garçon de la piscine ne mange pas de ce pain-là. Emportée par le roman, je m’attendais pas à une telle intensité dramatique. Je me refuse à trop en dire, mais disons qu’il s’agit là du récit d’une passion amoureuse, comme on en lit rarement.
Le narrateur rencontre par hasard, à la piscine de sa résidence, le jeune frère de sa petite amie, qui est consigné chez lui pour l’été parce qu’il a des examens à repasser en septembre. Oui, dans le système scolaire espagnol, quand on n’a pas eu la moyenne dans certaines matières pendant l’année scolaire, on repasse un examen en juin et, en cas d’échec, en septembre.
Le jeune frère est charmant et, sous le charme et sûr de lui, le narrateur, légèrement plus vieux, entame avec lui une relation tout à la fois platonique et torride – parce que, justement, platonique. Le plus jeune est bouleversé par cet aîné attentionné et dévoué qui l’aide à réviser, s’intéresse à lui et lui fait réussir ses examens, sans cesser de croire en lui. A ce stade du roman, le lecteur (ou la lectrice) attend la suite avec une fébrilité proche du désespoir : alors ??? alors ?
Alors, il se produit bien quelque chose, et le récit gagne progressivement en intensité. Le rapport entre les deux personnages se modifie insensiblement. L’aîné sur de lui et de son charme se trouve de plus en plus démuni face à la candeur du jeune homme et l’attirance amoureuse qu’il ressent pour lui se transforme en peu de temps en une passion qui le livre totalement à son amant, renversant totalement le rapport entre les deux jeunes gens. Les émotions sont décrites avec précision, et rien ne nous est épargné de la torture amoureuse et sensuelle du narrateur, qui va culminer en une inoubliable apothéose. Inoubliable, vraiment.
Et je m’en tiens là.
A lire, absolument, mais avec une romance toute gentille en suivant, pour survivre à une telle intensité dramatique.
Bon, premier post sur le fond du problème, et croyez-moi, je me délecte de l’écrire.
On résume ? on résume. Alors ils s’appellent Gary et Rickey, ils ont 16 ans, ils habitent la Nouvelle-Orléans, ils bossent dans un fast food, ils aiment la cuisine et ils s’aiment. Ben ouais, mais leurs parents ne sont pas trop d’accord et font de la résistance. Enfin, surtout les mères.
Ce que j’en pense ? J’en pense que j’ai adoré. Adoré parce qu’ils sont mignons tout pleins et parce qu’au cours du récit, leur amour ne faiblit pas (je n’en dis pas plus pour pas spoiler, mais je leur fais des bisous virtuels pour les encourager, et qu’on ne vienne pas me dire que ce sont des héros de romans et qu’ils n’existent pas).
Adoré parce qu’ils aiment faire la cuisine et que j’aime aller au restaurant. Bon, j’aime aussi faire la cuisine, mais moins. L’un des personnages du roman dit qu’à la Nouvelle Orléans ils n’ont pas peur du beurre. ça, ça me fait plaisir à lire, même si, à titre personnel, je n’envisage le beurre qu’avec prudence. Parce que j’adore le beurre. Et l’huile d’olive. Et même le saindoux. Bref, on sort du propos.
Adoré aprce que la récit est simple et réaliste, similaire à la vie même. Oh, cela ne veut pas dire que je n’aime pas les romances enflammées totalement irréalistes. Je les aime aussi. Mais j’ai bien quand c’est raisonnablement réaliste. Le plus important étant que ça tienne debout. Et ça tient debout, ça tient carrément debout, à cause du style de l’auteur, familier et sympathique, qui semble nous murmurer à l’oreille.
Bon. Je sais que je devrais penser à ce que j’écris mais tant pis, c’et le premier post et personne ne va lire.
Alors. Pourquoi ce blog. Ouvrir et maintenir un blog me trotte sérieusement dans la tête depuis un moment. Mon objectif : tenir à jour mes lectures, me souvenir de ce que je lis, parce que parfois, comme en ce moment, je lis tellement que je perds le fil. Je ne sais plus ce que j’ai lu, ce que je n’ai pas lu.
Aussi : évaluer mes lectures, dire ce que je pense, donner mon avis. ça me tente drolement, tout comme entrer en contact avec d’autres lecteurs ou lectrices, peut être plutôt lectrices, vu ce que je lis, mais je serais contente de découvrir si des lecteurs masculins lisent ce que je lis aussi (à savoir de la romande, essentiellement M/M mais pas uniquement).
Et pour finir : certes, j’aime la romance, mais je porte sur cette littérature un regard perplexe. Je me demande pourquoi j’aime autant ça, pourquoi j’en suis à ce point folle. Il me semble que ça touche à des émotions profondes en moi…. mais lesquelles ? ce n’est pas très clair.
Aurais-je le temps de m’en tenir à ce programme ? On verra….